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La photo en prélude à cet article vous fait
découvrir trois générations d'automobiles qui ont jalonné le siècle: des Renault,
populaires, composées d'un Express à vocation utilitaire, d'une 4cv symbolisant les
premières vacances en famille des français et enfin la plus ancienne, une Monaquatre.
Par chance, le propriétaire de cette Mona va nous parler un peu plus de ce véhicule
qu'il porte dans son cur.
Explications:
François, peux-tu nous faire un bref rappel du modèle?
Tout d'abord, il convient de situer le véhicule historiquement. C'est au Salon de Paris
1931 qu'apparaît la Monaquatre en entrée de gamme de la famille Renault, suite au
retrait de son aînée la Monasix.
Le modèle que vous avez sous les yeux est de type UY1. Il est sorti des usines Renault le
10 novembre 1932. Il fêtera ses 70 ans l'an prochain!
Son moteur est un 4 temps de 1300cm3 de cylindrée de 7cv, accouplé à une boite 3
vitesses + 1 marche arrière commandée par un embrayage à disque actionné par pédale.
Le châssis nu pèse environ 650Kg dont 375 sur l'essieu avant et le véhicule en charge
normale est d'environ 1350Kg.
Il est capable d'une vitesse d'environ 90km/h. |
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Un petit mot sur ce qui a déclenché ce choix:
Un jour, une personne passe à mon garage pour faire ferrailler deux véhicules. Ne
connaissant pas les modèles, je décidais tout de même d'aller les voir. Et là, je suis
tombé sur cette Monaquatre: je ne pouvais pas la laisser partir à la destruction et je
jugeais son état suffisamment sain pour la racheter.
Aussi, je décidais de la rapatrier jusqu'au garage sur plateau, avec l'aide de Marie et
d'Eric (ma femme et mon fils). |
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Plus précisément dans quel état était-elle?
Elle était vieillie par le temps,
mais entièrement complète (à l'exception d'une bougie sur le moteur), très saine, elle
n'avait pour ainsi dire pratiquement pas de rouille. Son compteur totalisait 25000km et
vraisemblablement c'était le kilométrage réel parcouru. |
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| Intérieur avant restauration |
Intérieur après restauration |
Tu as donc décidé d'entreprendre la restauration. Quelle a
été ta marche à suivre?
La Mona resta immobilisée environ un an au garage. La première étape consistait alors
à la remettre en route. J'ai donc rajouté la 4ème bougie qui manquait,
remonté une batterie neuve, et là, stupéfaction, au premier coup de démarreur le
moteur se mit à tourner. Je me rappelle bien, j'ai immédiatement appelé Marie au
téléphone en lui disant: "écoute, c'est la Mona qui tourne". Ce fut donc un
énorme encouragement pour la suite des opérations!
Ensuite, la peinture ternie par le temps nécessitait d'être rafraîchie.
Puis, j'ai démonté l'intérieur de l'habitacle, les sièges pour les faire dégraisser.
Mais la peinture extérieure était tellement belle à côté du tissu tout de même usé
par le temps que je pris la décision de le refaire entièrement. Près de 6 mois furent
nécessaires pour retrouver un tissu qui s'harmonise avec le bleu de l'auto. |
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| Compartiment moteur dans son état initial |
Compartiment moteur dans son état final |
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| la cabine juste apprêtée |
la peinture terminée, l'ensemble est en cours de
remontage |
As-tu des détails particuliers sur la restauration?
Je pourrais parler du filet de décoration blanc qui court le long de la voiture. Il a
été peint à la main par un ami, un véritable artiste, à l'aide d'un pinceau à
filets, cher aux fileuses de cadre de vélos, célèbre à St Etienne, cité du cycle par
excellence.
Mais aussi, dans les souvenirs moins drôles, je revois encore la custode arrière qui a
éclaté au remontage, lors de l'ajustement difficile du joint et qui a ainsi dû être
retaillée dans un verre épais.
Parlons également du toit qui a demandé beaucoup de travail puisqu'il est composé d'une
thibaude (molleton de tissu grossier ou de feutre que l'on place en guise d'isolant), d'un
grillage et d'une moleskine (toile de coton revêtue d'un enduit mat ou verni imitant le
cuir). |
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Et si on jetait un coup d'oeil à l'intérieur, au
travers de la custode arrière, avant la fin de la restauration...
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...et après! |
Depuis 1997, roule t-elle?
Depuis la fin de la restauration elle a dû parcourir 880km. Elle fit sa première sortie
lors de l'inauguration de la restauration du pont de Veauchette (42) dans la région de St
Etienne où j'ai eu l'occasion de véhiculer une personne de 90 ans qui fut majorette lors
de la création de ce pont. Puis, elle a conduit mes parents pour leurs noces d'or. Je
suis également allé tourner sur le circuit de Charade près de Clermont-Ferrand avec
d'autres véhicules d'époque. Ce jour là, j'ai dû effectuer une moyenne record
d'environ 25km/h (le circuit est très accidenté) et je me suis même payé le luxe de
dépasser le véhicule de Mr Michelin! Nous avions droit à 3 tours de piste et à la fin
du dernier, la Mona était tellement élancée qu'elle n'a pas pu s'arrêter et a bouclé
un 4ème tour. Enfin, j'ai participé à diverses expos Renault et aux sorties
du club
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Aujourd'hui, comment se déplace t-elle sur nos routes modernes?
Les longs trajets sont effectués sur
plateau, sinon elle est souvent escortée du fait de l'absence de clignotants et de sa
vitesse réduite. En effet, j'ai souhaité conserver l'équipement d'origine (pas de
clignotant, 1 lampe stop, 1 lampe d'éclairage arrière et de plaque minéralogique). |
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Une anecdote pour finir?
Lors du chromage des phares, je me suis aperçu qu'une des ampoules était de 1938.
Aujourd'hui, c'est à dire 63 ans après, elle brille toujours! |
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| Un petit tour à présent, pour faire le plein de sensations
aujourd'hui disparues sur nos véhicules modernes. Le bruit tout d'abord, les odeurs et
les vibrations ensuite témoignent d'une mécanique vivante qui doit être comprise pour
conduire l'auto sans causer de heurt. Il faut donc en prendre soin, c'est tout un art de
vivre qui nous renvoie aux débuts de l'automobile où il n'était pas question de moyenne
horaire.
François participe
donc en gardien de la tradition, à la sauvegarde du patrimoine Renault. Le C.A.R lyonnais
est le fil conducteur puisque c'est principalement lors de ses sorties que vous pouvez
avoir la chance de voir la Mona circuler avec élégance sur nos routes modernes. |
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| Revue de détails: |
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Une plaque
rivetée sur l'aile avant gauche, au dessus du marchepied, indique le numéro de
carrosserie.
Les portes à ouverture en armoire, vous invitent au voyage dans un
habitacle qui s'apparente à un salon roulant.
La plaque constructeur, sous le capot moteur, fait état du type exact du
véhicule.
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Décoration.
Les deux couleurs sobres et élégantes sont mises en valeur par le filet
blanc qui a nécessité des heures de travail. Il court le long du véhicule, sans
interruption, même entre les deux portes jusqu'au dessus du pare brise.
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De grande taille pour un meilleur
refroidissement, la calandre demeure sur nos automobiles modernes un symbole d'identité.
De nombreuses aérations sont réparties sur le capot, constitué de 2
parties, gauche et droite, articulées sur une charniére en épine dorsale.
Remarquer les premiers pare-chocs des Monaquatre de forme tubulaire.
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Identification.
Sur le pare-chocs avant figure en hautes lettres le nom de la voiture dans
un losange allongé.
Au centre des enjoliveurs, on distingue encore en léger relief, le logo de
la marque gravé.
Sur l'aile arrière droite, enfin, la désignation en lettres et en chiffre
sur fond de monogramme Renault.
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Il convient d'être vu et bien
entendu!
Lors d'une restauration, il faut souvent avoir de l'idée, pour résoudre
des problèmes insolubles au premier abord. Ainsi, c'est un flexible de douche qui est
utilisé pour ammener les fils électriques jusqu'au phare.
Lorsque l'on voit l'intensité de l'ampoule arrière qui a pour rôle
d'éclairer simultanément le feu de position et la plaque minéralogique, on comprend
aisément pourquoi François désire être escorté, surtout la nuit!
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On est loin des
standards modernes des phares à surfaces complexes...
Gros plan sur une ampoule démontée au hasard, pour remarquer, son année
de fabrication et constater que la tension des batteries n'était pas encore de 12V.
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Poste de conduite.
Derrière l'immense jante du volant, les nombreux cadrans prennent place au
centre de la planche de bord, au coeur d'un losange. On retrouve de gauche à droite: la
jauge à essence, l'horloge, le compteur de vitesse avec le totalisateur kilométrique
général et journalier, la pression d'huile et enfin l'ampèremètre. Observez le
compteur journalier, il marque la distance parcourue par la Mona depuis sa restauration.
Articulé par le haut, le pare-brise fait office de climatisation manuelle.
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Finitions!
Signe d'un travail de sellerie soigné, les aumônières de portes sont
doublées du même tissu.
Petite coquetterie, le vase en métal sculpté, sur le montant central, est
destiné à accueillir des fleurs lors d'une balade champêtre.
Le plafonnier tout en verre ciselé participe aussi à la décoration.
Le réseau routier, pas toujours en bon état, obligeait parfois les
passagers à attraper le pompon!
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Un
remerciement particulier à François pour sa disponibilité, sa précision dans les
détails et la gentillesse avec laquelle il a bien voulu nous dévoiler son histoire. |